Dokajou: l'humanitaire en pleine action
Depuis l'indépendance en 1804, La République d'Haïti est plongée, comme on le sait, dans une kyrielle de tragédies: orages politiques, gabegies administratives, catastrophes naturelles, pauvreté, la liste est longue. Et pourtant, à travers ce déluge de calamités, susceptible d'ébranler les convictions des optimistes les plus convaincus, des fils et des filles de notre nation meurtrie œuvrent, à l'intérieur comme à l'extérieur, sans tambours ni trompettes, pour raviver la flamme de l'espoir pour des lendemains qui chantent.
Parmi ces héros et héroïnes, se détache un couple exemplaire d'un lieu mythique d'Haïti: Dokajou. Une localité située non loin de la Ville de Belladère, tout près de la frontière avec la République Dominicaine. Il s'agit de Monsieur Joseph Saül Ciriaque et de son épouse bien-aimée: Madame Marie Rose Siriane Chausson Ciriaque. Sans l'aide de personne, ils ont mis en branle une action humanitaire pour soulager la détresse des plus démunis de la région. À la mort de Monsieur Ciriaque, sa fille Madame Marie Claudette Ciriaque en a pris la relève. Un défi colossal à relever. Et comme on dit:« Nécessité fait loi». Elle fonde donc en 1995, l'Organisme humanitaire à but non lucratif: EPMANDOK, qui est légalement reconnu au Canada, aux États-Unis d'Amérique et en Haïti. Cette heureuse initiative, et toutes celles de la même nature, bouscule l'absurdité de l'assertion de François de la Rochefoucauld:« Les vertus se perdent dans l'intérêt comme les fleuves dans la mer.» Un véritable déni de l'humanité, et de l'altruisme chez l'humain. Il en est ainsi du vieil adage, que l'on pourrait inscrire sur l'étendard de tous les égoïstes:« Chacun pour soi et Dieu pour tous.»
Ainsi donc, grâce au dynamisme peu commun, et à la compétence des collaborateurs immédiats de Madame Ciriaque, l'Organisme n'a pas tardé à prendre son envol. Plusieurs projets élaborés et adoptés furent réalisés, dont le tracé d'une route pour désenclaver Dokajou, et la construction d'un Centre De Santé, qui est aussi utilisé au niveau de l'alphabétisation. C'est cet élan primordial vers le désespoir et la détresse, qui a servi de plateforme à la création de L'émission: ENTRAIDE SOCIALE MARIE CLAUDETTE CIRIAQUE, sur les ondes de RADIO CENTRE-VILLE à Montréal. Les informations véhiculées par cette voie médiatique, sont apolitiques, et forment un prolongement logique de l'implication de Madame Ciriaque dans toutes les sphères du Bénévolat, depuis plus d'une trentaine d'années. Un altruisme à l'état pur, qui lui a valu de multiples notes de reconnaissance par des personnalités remarquables, du Gouvernement du Canada et du Québec, de la Ville de Montréal, du Consulat Général d'Haïti à Montréal, et j'en passe.
L'entraide sociale et le bénévolat enrichissent l'âme, libèrent l'esprit, éclairent l'intelligence et jouent un rôle majeur dans les éléments caractéristiques qui honorent l'espèce humaine. À ce point de vue, parmi tant d'autres, nous accordons nos plus vives considérations à Madame Marie Claudette Ciriaque. La soutenir dans sa louable démarche, c'est saluer son courage et sa grande générosité de cœur, tout en apportant l'espoir dans un pays où la vie quotidienne se présente sous la forme d'une immense gageure.
Mais, c'est à travers les difficultés que l'âme forte se révèle dans toute sa splendeur, pour illustrer cette pensée lumineuse de l'illustre poète philosophe mystique: Mohammad Shams al-Din Hafez:« En pleine angoisse, ne perds jamais l'espoir, car la moelle la plus exquise est dans l'os le plus dur.»
Gérard Gène
